Le trésor de Saint-Pabu

En 1889, un trésor était découvert au lieu-dit Mezou Radenoc sur le territoire de Saint-Pabu.

Le 26 février 1889, des carriers exploitant un bloc erratique de granit dans la parcelle dite Méjou Radénoc, dépendant du village de Meznaot, découvrirent à 0,40 mètre au couchant de ce bloc et à 0,30 mètre au-dessous de la surface du sol, une brique à crochet. Cette brique recouvrait un coffre en bois aujourd’hui complètement décomposé dans lequel on avait enfermé pour les enfouir un nombre considérable de monnaies romaines. Prévenu de la découverte, Monsieur GOURVENNEC, maire de Saint-Pabu, se transporta sur les lieux et faisant recueillir toutes les monnaies composant ce trésor, les fit transporter chez lui. Elles pesaient ensemble 61 Kg.
A la nouvelle de cette trouvaille, on accourut de tous les côtés des villages voisins et chacun s’armant soit d’une pioche soit d’une pelle se mit à remuer le sol environnant si bien qu’on trouva un second dépôt formé de trois vases d’argent.

On suppose que les monnaies étaient destinées à payer les hommes d’un détachement de troupes romaines cantonnées non loin du lieu de la découverte et que les vases en argent ont dû appartenir au commandant de ce poste. La brique à crochet recouvrant les monnaies indique que ce poste était dans le voisinage, probablement sur le sommet des coteaux dominant l’anse de l’Aber-Benoît. Les conduites d’eau en terre cuite dont on retrouve fréquemment des restes près du lieu de cette trouvaille indiquent une mise en œuvre destinée à conduire l’eau de la fontaine de Saint-Ibiliau à Meznaot, sur un parcours de 2 Kms environ. Elles sont la preuve la plus probante de l’existence d’un camp romain dans ces parages. Maîtres du pays les romains séjournèrent là un temps assez long sans doute. Attaqués à un moment donné, peut-être par mer, avant de battre en retraite, les soldats cachèrent avec l’espoir de revenir, la caisse contenant le trésor destiné à leur solde, lourd obstacle à leur fuite précipitée et les vases précieux de leurs chefs.

Ces monnaies au nombre de 10 à 11 mille sont des moyens et des petits bronzes ayant été en général argentés pour la plupart d’une célèbre conservation, frappées le plus souvent à Trèves. Elles sont à l’effigie de Valérien II, de Dioclétien, de Constance Chlore, d’Hélène de Galère Maximium, Valérie, Sévère II, Maximin, Maxence, Licinius, Constantin Le Grand, Crispe, Constantin II. C’est-à-dire allant de 260, date de l’avènement de Valérien II à 360 environ, Constance II étant mort en 361. C’est donc sous Constance II que le trésor fut enfoui, c’est-à-dire au milieu du IVe siècle.
L’un de ces vases est intact, pesant 154 g, d’une forme élégante. C’était un vase à boire, et comme les troupes romaines étaient fréquemment appelées à faire campagne, ce petit vase, qui appartenait, sans doute, à un officier de rang assez élevé, offre une disposition curieuse qui l’approprie bien à l’usage auquel il était destiné.

Courant 2009, pour l’étude d’une carte sur le PATRIMOINE de SAINT-PABU, nous avons découvert différents textes comme l’histoire ci-dessus.
Nous disposons à cette époque que les archives Archéologique « Bulletin Soc. Archéologique du Finistère, XXIX. 1902, p. 136-157 ; - du Chatellier, 1907, p. 154, ill. ; Pape, 1978, p. A-187. » et les rapports de Paul Du CHATELLIER et son musée de l’époque au Manoir de KERNUZ en Pont-L’Abbé.
« Copie d'un bulletin de la société Archéologie »
Au décès de Paul Du CHATELLIER divers musées se sont présentés pour l’acquisition des pièces intéressantes :
- Le MUSEE DE ST-GERMAIN-EN-LAYE pour les vases, où ils sont exposés aujourd'hui.
- Les pièces Gallo-Romaines par l'Université de Rennes II et ce jour transmises aux Monnaies de Paris.

En 2009, sans documents utilisables, nous avons créé un dessin représentant au plus près l'ensemble de cette découverte.
Pensant à une possibilité d'exposition de l'ensemble du trésor pour notre commune, nous avons contacté le MUSEE DE ST-GERMAIN-EN-LAYE. Après étude, il semble impossible de créer un moulage des vases de part leurs fragilités.
Pour les monnaies, l'Université de Rennes II nous signale le transfert aux Monnaies de Paris.
Ce jour, en dehors de la création d'une stèle sur la commune pour la transmission de l'histoire, vous pouvez découvrir les vases au Musée de SAINT-GERMAIN-EN-LAYE.

Guy DANTEC

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