La réfection du Menhir de Kerhign

Cette pierre a été découverte au printemps 1956 par Jean-Marie Le Dreff (Kerhign, Lampaul-Ploudalmézeau) et son père. Ces derniers souhaitaient débarrasser leur champ de ce bloc gênant les cultures et qu'ils pensaient être un rocher.
En creusant autour du bloc, ils ont constaté la présence d'une douzaine de vases à environ 80 cm sous la surface du sol. Le vétérinaire L. L'Hostis, archéologue bénévole, a été averti de la découverte et s'est chargé d'en faire part à P.-R. Giot alors directeur des Antiquités Préhistoriques de Bretagne (aujourd’hui Service Régional de l’Archéologie). Une courte notice, signée par P-R. Giot, a été publiée dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère (1956) faisant état de la découverte d'un petit menhir, autour duquel des urnes cinéraires gallo-romaines ont été mises au jour. Ce monument est également signalé dans l'inventaire des stèles dans le Léon publié par P.-R. Giot et M.-Y. Daire (1989).

La pierre a ensuite été plantée par les découvreurs sur le côté oriental de la parcelle. Au cours du remembrement, elle a été mise à bas et incorporée dans le talus où elle se trouve encore aujourd'hui. Cette pierre mesure 2,75 m de long et 1,18 m de large.
Avec l'accord du propriétaire, nous proposons que cette pierre soit extraite du talus puis redressée dans l'angle nord-est de la parcelle.
Comme cela a été le cas pour les stèles gauloises de Saint-Ibiliau il y a quelques années, cette opération permettrait la mise en valeur d'un monument archéologique méconnu, dont seul J.-M. Le Dreff connaissait encore l'existence.

Le redressement de cette pierre présente également un intérêt scientifique dans le cadre de l'inventaire des mégalithes de l'arrondissement de Brest effectué par Yohann Sparfel et Yvan Pailler et dont la publication est prévue courant 2009. En effet, la nature de cette pierre est incertaine : P.-R. Giot la décrit comme un menhir, mais les photos et le relevé (Archives de l'UMR 6556, Rennes I) font penser à une stèle fruste de l'Age du Fer. Pour répondre à cette question, il faudrait retirer la pierre du talus pour pouvoir l'examiner en détail.
Les relevés et prises photographiques pourraient être effectués par Y. Sparfel et Y. Pailler qui s'engagent à en communiquer des copies à la mairie de Saint-Pabu et aux autorités archéologiques compétentes (Service Régional de l'Archéologie, Rennes et Service Départemental de l'Archéologie, Le Faou).

Guy DANTEC

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