La culture du lin

 

Le lin a fait la fortune du Léon : en 1680, on y produisait assez de fil pour parcourir quatre fois le tour de la terre ! Peu savent que les bateaux de Christophe Colomb pour découvrir l’Amérique avaient des voiles de lin breton.

Les fibres de la plante servaient à confectionner draps et vêtements tandis que les graines nourrissaient le bétail.
Présente ici durant 700 ans, sa culture devenue non rentable a été abandonnée dans les années 50.

En prévision d’une fête du lin programmée en 2016, l’association Patrimoine et Environnement a mis en culture une parcelle de 500m² à Corn ar Gazel, entre la Maison des Abers et la plage de Corn ar Gazel.

Le lin suit un cycle de culture de 100 jours : il est semé entre le 19 mars et le 23 avril pour être récolté 100 jours plus tard.

En 2015, le semis a été effectué le 13 avril. S’en est suivi une croissance très rapide, avec des tiges atteignant un mètre de hauteur vers la floraison.

La floraison a eu lieu en juin, durant une quinzaine de jours, avec un pic vers la Saint-Jean. La fleur de lin, frêle et éphémère, est magnifique. Chacune de ces fleurs forme une capsule compartimentée en 5 zones, enfermant chacune 2 graines.

Lorsque ces capsules se mettent à teinter au vent, que les tiges de la plante prennent une couleur dorée, vient le temps de la récolte.

Le lin est arraché à la main : en effet, les fibres textiles se prolongent jusque dans la racine.
Pour information, 15 personnes pouvaient arracher un hectare de lin en une journée.

Lors de l’arrachage, le lin est mis en fagot et lié pour le transport jusqu’à une prairie où il est étendu pour la phase de rouissage.

Cette période dure quelques semaines, avec une alternance de périodes humides et sèches. Chaque semaine, les gerbes sont retournées à l'aide d'un long bâton, afin que le rouissage soit homogène et régulier, et que l'herbe ne pousse pas à travers le lin étendu.

Cette phase de rouissage est indispensable pour dégrader la résine de pectine qui gaine la tige de lin.

Sans cela, il serait impossible de séparer les fibres de lin du reste de la plante.

Après le rouissage, le lin est de nouveau ramassé en fagots.

Il est ensuite égrené dans un peigne appelé « rimier ».

Les graines sont ramassées dans des sacs, tandis que les tiges sont prêtes pour l’ultime phase de transformation : le teillage.

Les tiges sont brisées dans une braie, sorte de mâchoire en bois qui permet de casser le bois à l’intérieur de la tige et d’isoler les fibres textiles.

Ces fibres sont ensuite frottées sur une pesselle, sorte de lame en bois qui permet de les nettoyer des restes de résidus de la tige de lin.

Enfin, les fibres sont peignées, afin de trier les fibres longues (qui serviront pour le filage puis le tissage) des fibres courtes qu’on appelle étoupe.

Le filage peut alors avoir lieu, soit au rouet, soit au fuseau (une bonne fileuse obtenait 80m de fil en une journée de travail).

Aujourd’hui, le lin est semé, cultivé, arraché, roui, teillé et filé mécaniquement.

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